Deux beaux livres en maternelle

Voici le très beau projet auquel j'ai participé dans une école maternelle de Montpellier, qui avait mobilisé le financement des PACE pour une intervention de 14 heures.


14 heures, c'est à la fois beaucoup et peu ! Lorsque nous nous sommes rencontrés la première fois avec l'équipe, rien n'était défini, les collègues n'avaient aucune idée de thème sur lequel partir ni même du nombre de classes qui allaient participer. Eh oui, parfois les écoles me sollicitent avec une idée bien précise en tête, et parfois il y a juste l'envie de monter un projet sans vraiment savoir dans quelle direction aller. Mais ce n'est pas un problème, je m'adapte !



J'ai commencé par leur laisser mon livre, qui peut être une base intéressante pour des illustrations sympas sans forcément se creuser trop la tête quand on manque de temps (par exemple, inventer de nouveaux dragons et leur donner un nom). Je leur ai aussi fait quelques propositions par mail.


Il a finalement été convenu que 2 classes de Moyenne Section participeraient aux ateliers artistiques après un travail d'écrit mené par 2 classes de Grande Section : une classe GS inventant un texte qui serait ensuite illustré par une classe de MS. Cela me faisait donc 2 matinées à consacrer à chaque classe pour les ateliers, plus un après-midi pour rencontrer les Grands et leur parler du métier d'illustratrice.


Les deux "binômes" de classes sont partis sur des idées totalement différentes : d'un côté, des petites phrases comme dans un recueil de poèmes ; de l'autre, toute une histoire...



Premier groupe : "J'aimerais que le nuage..."

Le premier groupe de Grands a donc proposé des petites phrases inspirées de l'album, quand Lucie joue avec le nuage au début de l'histoire. C'est vrai ça, qui n'a jamais joué à retrouver des formes d'animaux ou d'objets dans les nuages ?? Les élèves ont donc inventé des formes de nuage et construit des phrases autour, telles que :" J’imagine que les nuages se transforment en papillons géants pour qu’ils s’envolent avec moi." ou encore "Je pense à un nuage qui se change en tente pour y dormir dedans et jouer et pique-niquer."


J'ai prévu de faire peindre les élèves en binôme sur une grande feuille A3 (il y avait 26 élèves et 13 illustrations, c'était donc parfait ! Bon, ça c'était sans compter les absents... mais on s'adapte !)


Chaque illustration a été conçue pour être peinte en 2 parties, afin de faire participer tous les élèves 1 fois par jour sur les 2 jours. Ainsi, ils ont tous peint une fois le premier jour, par groupes de 6 ou 8 sur une durée de 30 à 40 minutes, puis même chose le lendemain pour terminer leur peinture.



Ce type d'intervention demande beaucoup de préparation en amont. Il fallait que les élèves puissent rapidement passer à l'action et savoir quoi faire, je devais donc être très claire sur les illustrations attendues. J'avais préparé un petit modèle à l'aquarelle de chaque illustration, à la fois pour pouvoir tester sa complexité et sa "faisabilité" et à la fois pour que les enfants puissent bien se représenter ce qu'ils allaient faire.


J'avais aussi regroupé les illustrations "semblables" afin de donner au maximum des consignes similaires au départ aux élèves. Par exemple, j'ai regroupé ceux qui devaient commencer par faire un ciel bleu, ou ceux qui commençaient d'abord par un dessin au drawing gum.




Pendant ce temps, la maîtresse s'est chargée de faire les nuages avec un autre groupe d'élèves.

Cela me paraissait trop complexe de faire dessiner les formes aux enfants (il y avait quand même un guépard, un bus, une licorne, un hélicoptère...), surtout en lui donnant un aspect de nuage ! De plus, dessiner un élément figuratif directement sur la même feuille que le fond et peindre en gérant les contours est un exercice très difficile pour des enfants de cet âge (déjà que pour des adultes, parfois ce n'est pas simple !)

J'ai donc eu l'idée de faire simplement peindre des petites feuilles A5 avec un "effet nuage", mais sans leur donner une forme spécifique : l'idée était simplement de remplir la feuille, pour ensuite y ajouter une forme et la découper. C'est assez simple à faire et la maîtresse a pris en charge cette partie de l'atelier. Même si elle n'était pas très à l'aise avec ça, n'ayant jamais peint à l'aquarelle ! Mais je lui ai donné un petit "cours" avant pour lui montrer comment faire et la rassurer. Et ça a très bien rendu !


Il ne restait plus ensuite qu'à ajouter les dessins, et pour ça j'ai utilisé une table lumineuse qui permet de décalquer directement. Nous avons choisi des images déjà existantes pour simplifier les choses. Avec des plus grands, nous aurions pu tenter de les faire dessiner avec un atelier de guidage pas à pas... je pense que je le tenterai une prochaine fois !