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Résidence d'artiste à l'école Jaurès : une fresque à histoires

En mai et juin, j'ai eu le plaisir de participer à un nouveau projet de fresque dans une école de Montpellier !



L'école Jaurès a une particularité : construite récemment, sa cour est en étage et entièrement bétonnée (brut évidemment). A cause de problèmes d'infiltrations et de poids, il n'est pas possible de la végétaliser, pas même en plaçant des bacs ou des jardinières !


Pour amener un peu de vie et de couleurs à cette grisaille, l'équipe enseignante a donc souhaité passer par l'art... et c'est là que j'interviens ! En réunion, nous nous sommes mis d'accord sur le thème de la forêt et des arbres, chaque classe devait alors travailler sur des productions avec leurs élèves afin de me fournir une base pour créer le visuel de la fresque.


Comme c'est souvent le cas, l'école avait déjà beaucoup de projets en cours. Je sais d'expérience la pression que peut représenter l'investissement dans un gros projet, aussi chouette, intéressant et stimulant soit-il. Mon objectif quand j'interviens n'est pas d'ajouter une charge de travail mais que cela reste un plaisir et un avantage pour tout le monde ! Dans le cas d'une fresque à histoires, ma consigne aux enseignant.es est donc simple : chacun.e s'investit à hauteur de ce qu'iel veut/peut. La production peut prendre plusieurs formes : dessins individuels, production commune, textes... Libre à chacun.e de profiter de l'occasion pour un travail poussé en production d'écrits ou en art, d'associer ça à un projet de classe à l'année, ou au contraire de décrocher le travail sur une ou deux séances d'arts visuels...



Première étape : les recherches en classe et le dessin préparatoire


Ainsi, une classe a inventé toute une histoire en anglais et participé à un concours. Une autre a produit de grands décors et des personnages mobiles pour réaliser un petit film sur le thème du Déjeuner des loups... D'autres ont créé individuellement des aurores boréales. Pour une autre classe, l'inspiration a été trouvé dans les illustrations de leurs cahiers de poésie ! Enfin, la cinquième a souhaité voir apparaître Artémis, héroïne du feuilleton qu'ils lisaient tous les jours en classe.



Une fois toutes les productions reçues, scannées, prises en photo, mon travail consiste à intégrer le maximum des propositions des enfants dans un ensemble cohérent. Dans ce cas précis, j'étais un peu embêtée par les aurores boréales, situées dans un décor hivernal et de nuit, quand le reste des productions était très vert et ensoleillé. J'ai donc légèrement modifié les couleurs d'une partie qui s'y prêtait bien (sans en modifier le contenu) pour en faire une forêt automnale. Assez naturellement, le reste des productions a pu se répartir en paysage printanier (arbre fleuri, nombreuses fleurs, tons roses majoritaires) et estival. Sans réelle rupture, le passage d'une saison à une autre se fait par l'intermédiaire des arbres.



Petit à petit, mon dessin préparatoire s'est rempli d'éléments et de détails. L'idée était que ça fourmille, qu'on ne puisse pas tout voir au premier coup d'œil, et que les enfants puissent se raconter des histoires au calme sous le préau. Parfois, j'ai repris tel quel le "design" proposé, parfois j'ai repris une idée et changé la mise en scène ou adapté le visuel pour qu'il corresponde plus à mon style. En tout cas, je me suis régalée à prendre appui sur toutes les merveilles imaginées par les enfants ! Et j'ai aussi ajouté ma petite touche par endroits...


Une fois le dessin réalisé, il faut le colorier complètement afin d'anticiper les couleurs pour ne pas perdre de temps à ça au moment de la réalisation. Cette étape est tout aussi importante que les autres et le choix des couleurs ne doit pas se faire au hasard, car une fois face au mur, je m'applique à être fidèle au modèle.



Le mur mesure environ 6m de long, plus un retour d'environ 70cm, avec une hauteur de plus de 3m. J'ai réalisé le modèle avec une échelle de 1/10 sur un peu plus d'une feuille A3, dont la largeur correspond bien à une hauteur classique de mur (29,7cm).


Avant de passer au concret, il ne reste plus qu'à rassembler le matériel, acheter la peinture manquante (j'ai déjà un bon stock) et autres outils utiles, comme une toile de protection réutilisable et plus efficace que le plastique que j'ai utilisé les fois précédentes.



Deuxième étape : la préparation du mur



Avant même de commencer à peindre, il y a bien sûr des étapes à respecter. Et pour la reproduction du dessin, il est indispensable de réaliser un quadrillage au préalable !


C'est une tâche fastidieuse mais primordiale. Ayant appris de mes expériences passées, j'ai changé plusieurs choses :

1- Je quadrille maintenant à la craie (jaune), et non plus au crayon. Selon les couleurs, la peinture ne couvre pas toujours efficacement le crayon, et voir une ligne à travers est plutôt gênant. De plus, le trait du quadrillage peut se confondre avec le trait du dessin, et il peut être difficile de s'y retrouver.

2- Je fais un quadrillage plus serré de 10x10cm pour toutes les zones avec beaucoup de détails et de choses à dessiner. De cette façon, je gagne un temps considérable au moment du dessin, en n'ayant pas besoin de reprendre des mesures supplémentaires pour me repérer.


Pour m'aider dans cette tâche qu'on peut qualifier de galère et pas très fun, j'ai pu compter sur la présence de Théo, en service civique sur l'école ! Il a été d'une aide précieuse et nous avons pu avancer assez rapidement en parallèle. Une matinée entière (et bien débordée sur la pause du midi) a été nécessaire pour tout quadriller au minimum en 20x20, avec certaines parties en 10x10.


Après ça, j'ai pu m'attaquer au dessin !



Une fois le dessin terminé (après 1 jour et demi de travail), on pourrait croire qu'il suffit de passer à la peinture directement. Que nenni ! La mise en place du matériel et des protections n'est pas à négliger : ça prend aussi du temps, mais il faut le faire. Bâche de protection au sol, cartons sur les tables, ruban de masquage le long de toutes les bordures, rangement des pots de peinture par couleurs et des pinceaux par taille...




Troisième étape : la peinture


Sans surprise, c'est la partie la plus longue de la réalisation ! Plus il y a de détails et de changements de couleur, plus c'est long évidemment. Il faut faire attention aux contours de chaque élément, même au moment de peindre le fond. Plus le contours du fond est précis, plus il sera facile de peindre l'élément qui va dessus ensuite (enfin, parfois ça dépend du fond et ça dépend de l'élément, et ça dépend aussi si la peinture couvre le crayon ou pas, car j'ai besoin de voir ce que j'aurai besoin de peindre par-dessus ensuite !)



J'ai commencé par peindre tout le ciel, puis les collines. J'ai différencié les saisons par les couleurs utilisées mais aussi les textures apportées par le mouvement du pinceau.


A ce stade, c'est vraiment très agréable de voir l'avancée qui semble très rapide (mais ne l'est pas tant que ça car il reste beeeaaauuucoup de choses à faire !) Les enfants commencent à découvrir les éléments et les personnages qui ressortent en négatif, c'est sympa !



Après le fond, j'attaque les arbres, en commençant par les troncs, puis les feuillages. Je pars toujours plus ou moins de la plus grosse surface pour aller ver la plus petite. Toutefois, à partir de là, je vais commencer à peindre d'autres éléments plus petits mais utilisant les mêmes couleurs, afin d'exploiter au maximum ma palette et éviter du gaspillage. Par exemple, j'utilise le marron des troncs pour peindre d'autres éléments marrons, comme le bois du cerf, la porte de la maison... De même, quand j'ai peint les arbres bleus, j'ai continué en peignant tous les éléments bleus de la partie estivale.



Même si on a l'impression qu'il ne reste plus grand chose, tous les personnages et petits éléments représentent mine de rien encore beaucoup d'heures de travail ! Rien que le petit coin avec la nappe de pique-nique, les 4 enfants, les assiettes, le saladier, les cartables... ça m'a demandé au bas mot 4-5 heures !



Quand on en arrive à ce stade (c'est-à-dire, presque la fin là quand même !), les enfants s'inquiètent toujours des visages des personnages : est-ce qu'Artémis va avoir des yeux ? Est-ce que les enfants vont rester les yeux blancs ?? En fait, je ne rajoute certains détails qu'à la toute fin, au feutre type Posca ou Pintor : les yeux des perroquets par exemple, les points blancs des champignons, ou encore la corde de l'arc d'Artémis, les étoiles dans le ciel... Et bien, sûr, à la toute fin... ma signature !



Pendant ces trois semaines de travail, les classes de l'école sont venues me voir régulièrement et à plusieurs reprises. Les enfants ont pu observer, poser des questions et voir le projet évoluer au jour le jour. C'était vraiment intéressant et stimulant !


Ils ont aussi eu la satisfaction de retrouver leurs idées mises en scène dans l'ensemble du tableau, et ont pu découvrir les nombreuses et belles idées de leurs copains.


Au fur et à mesure, je les entendais commencer à se raconter des histoires pendant les récréations... c'était exactement l'effet escompté, pari gagné !



Voici la fresque terminée, après plus de 70 heures de travail (sans compter la préparation en amont du mur et du dessin), et moi qui pose fièrement devant ! Je me suis vraiment régalée et c'était un bonheur de partager cette création avec les enfants de l'école !



Retrouvez ce projet dans la page interventions de mon site internet ! Je peux également réaliser des projets de ce type pour des bâtiments municipaux, des murs de crèches, garderies, hôpitaux... N'hésitez pas à prendre contact avec moi pour qu'on en discute !


Si ça vous intéresse, vous pouvez retrouver un autre article sur une fresque à histoires réalisée à l'école Marc Bloch, détaillant encore plus les étapes et la mise en œuvre.



Je vous laisse avec cette petite vidéo qui vous donnera un aperçu de l'ensemble du travail en moins de 7 minutes !


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